L’agroalimentaire, une croissance qui passe par la transformation

Premier secteur industriel et premier employeur de France, riche de plus de 17 000 entreprises, l’agroalimentaire s’est développé depuis les années 60 en s’appuyant sur sa capacité à répondre à une croissance régulière des marchés. Cette phase d’expansion a fait place depuis une dizaine d’années à un ralentissement de la demande en volume et à une archipellisation des attentes des consommateurs, qui a nécessité des modifications stratégiques importantes dans les entreprises. Cette évolution, véritable rupture, a offert aux entreprises capables de se remettre en question de nouvelles possibilités de développement, au travers d’innovations sur les produits, les processus, les flux, la gestion de l’information, la relation clients… Pour accompagner cette transformation, les entreprises ont mis en place des démarches de RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises), qui supposent un engagement et une implication forte mais constituent également un important levier de croissance. Astrid Cloarec, Directrice associée et Pierre Jourdain, Président du directoire d’Azulis, partagent leurs analyses et convictions sur le potentiel de l’agroalimentaire.

Pierre Jourdain
Président du directoire d’Azulis

Face à la crise du Covid, l’agroalimentaire a su faire preuve d’une bien plus grande résilience que d’autres secteurs, en particulier ceux de la restauration et de l’hôtellerie. « Cette réussite est à mettre sur le compte d’une demande soutenue tout au long de la pandémie, de chaînes logistiques qui ont su fait preuve d’adaptabilité, et surtout d’une formidable implication des salariés de l’agro-alimentaire, qui se sont fortement mobilisés au pic de la pandémie », explique Pierre Jourdain. « Si la phase de « l’après » s’annonce plus difficile pour les entreprises, sur fond de hausse du prix de l’énergie et de forte volatilité du cours des matières premières agricoles, cette crise exceptionnelle aura permis de remettre en lumière la notion de souveraineté alimentaire, et d’accélérer le changement des modes d’alimentation et de production ».

À nouveaux modes de consommation nouveaux marchés

Astrid Cloarec
Directrice associée

Produire plus local et plus respectueux de l’environnement, consommer plus sain et avec moins de viande et de produits transformés. « Ces nouvelles tendances sont en plein essor chez les consommateurs. On assiste à une responsabilisation alimentaire globale de la société, en même temps qu’à l’émergence de marchés en forte croissance autour de produits très qualitatifs ou très spécifiques comme le bio, le local, le sans gluten ou sans lactose », analyse Astrid Cloarec. Et ce même si « une majorité des consommateurs reste tenue par un budget mis sous pression par les dépenses dites contraintes ». Si cette polarisation du marché rend parfois délicat le positionnement des entreprises, la tendance des années à venir est claire : les consommateurs sont de plus en plus soucieux de ce qu’ils mangent, et exigeants vis-à-vis de l’impact des entreprises et de leurs engagements ESG.

La RSE, moteur de l’agroalimentaire

La RSE est donc un véritable levier de croissance pour les entreprises de l’agroalimentaire. « La mise en place de cette démarche s’accompagne d’un besoin accru en conseils et en expertises pour tirer parti de ces tendances en identifiant le bon positionnement », explique Pierre Jourdain. « Et ce d’autant plus qu’avec l’utilisation de matières premières agricoles dont la production s’avère coûteuse en émissions de GES, le secteur peut faire figure de mauvais élève de l’écologie. »

Les leviers pour réduire le bilan carbone sont cependant nombreux. Ils passent par la réalisation d’un audit complet pour identifier les axes d’amélioration de l’impact environnemental. Une collaboration autour de la définition d’une trajectoire que précise ainsi Astrid Cloarec : « En nous appuyant sur les Objectifs de développement durables fixés par l’ONU, nous déterminons trois ou quatre axes prioritaires sur lesquels mettre l’accent en fonction de la filière de l’entreprise : sécurité sanitaire, contrôle des fournisseurs, traçabilité… »

Le capital-investissement, accélérateur de changement

«La volonté d’intégrer pleinement ces normes est le premier levier de changement pour les entreprises, mais même armées de volonté, toutes ne disposent pas en interne des ressources et de la compétence pour mettre en place de nouvelles pratiques – RSE, reporting, digitalisation, innovation… », poursuit Astrid Cloarec. Les acteurs du capital-investissement font à ce titre office de partenaires privilégiés, car ils disposent de l’expertise sectorielle nécessaire pour repérer les tendances et leurs évolutions, et de l’expertise industrielle pour trouver les bons partenaires, tant en amont que sur les canaux de distribution.

Cette capacité à comprendre les enjeux spécifiques de l’agroalimentaire est essentielle pour accompagner les entreprises dans leur transformation. « Une transformation aujourd’hui indispensable pour toutes celles qui ont l’ambition de croître, car à travers les changements structurels qu’elle implique, la mise en place d’une démarche RSE permet en définitive de développer l’activité tout en consommant moins de carbone ; soit un double bénéfice », conclut Pierre Jourdain.


Un secteur aussi tourné vers l’international

Le secteur de l’agroalimentaire est aujourd’hui la première industrie française, avec une production consommée à 80 % en France, mais il bénéficie aussi du rayonnement culturel national à l’étranger, qui lui permet de demeurer le 6ème exportateur mondial. Une véritable ouverture vers l’international et la possibilité, pour les entreprises du secteur, de miser sur les exportations pour soutenir leur croissance. Pour les PME et ETI du secteur, le recours à l’accompagnement proposé par le capital-investissement est un atout clé pour réussir le pari de l’exportation ou de l’implantation à l’étranger.

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